Le 3 juillet 2026, la salle communale de Beaulieu (Puy-de-Dôme) a accueilli une table ronde inspirante sur un sujet crucial pour nos territoires ruraux : « Ouvrir une épicerie pérenne ? C’est possible ! ». Réunissant élus, porteurs de projets et acteurs associatifs, cette rencontre a mis en lumière un modèle innovant pour redynamiser les cœurs de village, recréer du lien social et garantir un accès à une alimentation de qualité : les épiceries participatives.
Avec 15 participants, dont des maires, des élus municipaux et des représentants associatifs, cette rencontre a été l’occasion d’échanger sur les clés de succès de ces initiatives citoyennes, mais aussi sur les soutiens disponibles pour les communes souhaitant se lancer.
Les épiceries participatives : un modèle alternatif et solidaire
Un concept simple, mais révolutionnaire
Comme l’a souligné Inès Destremau, responsable Auvergne-Rhône-Alpes de Bouge ton CoQ, « dans une épicerie participative, tous les clients sont adhérents, et tous les adhérents sont bénévoles ». Ce modèle repose sur trois piliers :
- Une structure légère et pérenne : Pas de salaire, pas de loyer (ou un loyer symbolique), et une gestion entièrement portée par les habitants.
- Un accès à une alimentation saine et locale : Les produits sont vendus à prix coûtant, avec une priorité donnée aux producteurs locaux.
- Un lieu de vie et de rencontre : Au-delà des courses, l’épicerie devient un espace d’animations, d’ateliers et de convivialité.
Quelques chiffres clés
D’après le réseau Bouge ton CoQ, qui accompagne ces projets depuis 2019 :
- 2 à 4 ouvertures en moyenne par semaine (2-3h par session)
- 50 à 100 adhérents en moyenne par épicerie
- 50 000 à 100 000 € de chiffre d’affaires annuel
- Adhésion annuelle individuelle entre 10 et 35 € en moyenne
Les ingrédients de la pérennité
Pour qu’une épicerie participative fonctionne sur le long terme, plusieurs éléments sont indispensables :
✅ La fidélisation des bénévoles : Sans eux, rien n’est possible. Il faut donc responsabiliser et valoriser leur engagement.
✅ Le soutien de la mairie : Mise à disposition d’un local, communication, intégration dans la vie du village.
✅ Un achalandage adapté : Mélange de produits locaux (pour soutenir l’économie de proximité) et de produits de dépannage (pour répondre aux besoins du quotidien).
Témoignage : L’épicerie du Dragon à Saint-Privat-du-Dragon (43)
Isabelle Ramoino, présidente de l’épicerie du Dragon, a partagé son expérience avec passion. Ouverte il y a 5 ans, cette épicerie compte aujourd’hui 100 adhérents fidèles (sur 120 foyers dans le village) et a réalisé plus de 41 000 € de chiffre d’affaires en 2025, avec seulement deux ouvertures par semaine (mardi après-midi et dimanche matin).
Un lieu de rencontre et de fierté
« Trouver une association qui a plus de 100 adhérents dans un village, c’est rare. On est deux fois plus nombreux que les chasseurs ! »
L’épicerie est devenue le cœur battant du village :
- Le dimanche matin, on y sert des cafés, thés et chocolats, ce qui a lancé la dynamique.
- Les habitants se retrouvent, échangent, et certains, qui n’avaient jamais eu de responsabilités, prennent des rôles clés avec fierté.
Un message fort aux communes hésitantes
« Il ne faut jamais écouter les gens qui vous disent que ça ne marchera jamais. On l’a entendu 50 fois, on n’a pas écouté… et on a eu raison. »
Le rôle clé des maires
Agnès Jean, maire de Saint-Privat-du-Dragon, a insisté sur l’importance du soutien municipal :
- Mise à disposition d’un local : À Saint-Privat, l’épicerie a pu s’installer dans l’ancien local de la cantine scolaire, avec une mutualisation des horaires.
- Un projet qui répond à de multiples enjeux : Dynamisation du centre-bourg, re-création du lien social (surtout après le Covid), soutien aux producteurs locaux, accès à l’alimentation pour tous.
Pour son nouveau mandat, Agnès Jean envisage même de rénover un local supplémentaire pour y ajouter un café associatif, preuve du succès du modèle !
L’accompagnement par Bouge ton CoQ
Créer une épicerie participative, c’est possible… mais pas seul ! Bouge ton CoQ propose un accompagnement gratuit en plusieurs étapes :
- Prise de contact avec l’association.
- Mobilisation citoyenne : Enquête publique et réunion pour rassembler les habitants motivés.
- Création de l’épicerie : Les habitants s’organisent avec les outils, modèles et conseils sur mesure de Bouge ton CoQ.
- Intégration au réseau national : Partage de bonnes pratiques et d’expériences avec les 230+ épiceries déjà créées.
📌 Contact : Inès Destremau – i.destremau@bougetoncoq.fr | 06 76 88 01 30
Envie d’R : Un autre acteur pour dynamiser les commerces ruraux
Aurélie Juif, représentante de l’association Envie d’R, a présenté une autre solution pour les territoires sans commerce : l’accompagnement des porteurs de projet souhaitant s’installer en milieu rural.
- Mise en relation entre communes et porteurs de projet.
- Accompagnement complet (montage juridique, financier, logistique).
- Exemples de projets : Épiceries multi-services, restaurants, commerces classiques.
📌 Contact : Aurélie Juif – coordination@enviedr.com | 07 75 66 91 48
Et si c’était à vous de vous lancer ?
Cette rencontre a montré que les épiceries participatives ne sont pas qu’un commerce, mais un véritable projet de société :
- Elles redonnent vie aux villages en recréant du lien.
- Elles offrent un accès à une alimentation de qualité à des prix abordables.
- Elles responsabilisent et valorisent les habitants.
Alors, votre commune est-elle prête à se lancer ?
Pour aller plus loin :
- Consultez la FAQ sur les épiceries participatives de Bouge ton CoQ.
- Regardez les témoignages vidéo d’épiceries déjà en activité.
- Contactez Inès Destremau ou Aurélie Juif pour un accompagnement personnalisé
Un grand merci à tous les participants pour leurs témoignages inspirants, et à la mairie de Beaulieu pour son accueil. Ensemble, faisons de nos villages des lieux de vie, de partage et de résilience !

